Dans le modèle Québécois, rien n'est sujet à l'exercice de l'esprit critique et même souvent à la logique de base. On en prend note aujourd'hui en lisant les autocongratulations de Mr Evans de Alcan qui publie ces résultats financiers pour le premier quart de 2007.
Radio-Canada rapporte la nouvelle :
L'aluminerie Alcan, qui publie ses résultats financiers en dollars américains, a déclaré mardi un bénéfice net de 591 millions de dollars pour le premier trimestre de 2007.
Il s'agit d'une importante hausse par rapport aux 453 millions rapportés à la même période en 2006.
Le président-directeur général d'Alcan, Dick Evans, s'est d'ailleurs félicité de cette première performance de l'année. « Notre discipline financière soutenue, alliée à la conjoncture économique favorable pendant le trimestre, a gonflé les bénéfices à des niveaux sans précédent », a déclaré M. Evans.
A priori, nous pouvons tous féliciter Mr Evans qui va bien enrichir ses actionnaires avec de telles augmentations de profits ! Et puis il y a cet arrière-goût amer du cocu qui revient... Ah ouais, on se rappelle maintenant. C'était le 14 décembre 2006, Mr Raymond Bachand qui nous annonçais en grande pompe une colossale subvention aux opérations de Alcan. Nos académiciens du GREEN (Groupe de recherche en économie de l'énergie, de l'environnement et des ressources naturelles) à l'université laval nous en font une analyse intéressante. On y apprend le détail de la subvention interventionniste de l'état-providence québécois ainsi que son coût annualisé (l'entente est sur 30ans) :
- Un prêt de 400 millions$ sans intérêts pour 30 ans (coût : 30 m$/an)
- Un congé de fiscalité équivalent à 112 millions$ (coût : 8,8 m$/an)
- Notre électricité à près de 50% de rabais (coût : 119,3 m$/an)
- Droits sur la rivière Péribonka pour 900 MW d'électricité (coût : 93,1 m$/an)
- Redevances payées au gouvernement sur sa technologie d'uranium (coût : -2 m$/an)
Pour un grand total de 249,2 m$ par année de subventionné à Alcan. Soit 62,3 m$ pour le premier trimestre de 2007. Le GREEN note aussi qu'il s'agit de plus de 300'000$ de subvention par an pour chaque emploi créé.
Notre fameux Dick Evans qui se vente allègrement de son augmentation de 138 m$ de profit pourrait bien prendre quelques instants pour remercier les Québécois qui ont payé de leurs poches près de la moitié de ces nouveaux profits !!
On aurait pu lire peut-être quelque chose du genre :
« Notre discipline financière soutenue, alliée à la conjoncture économique favorable pendant le trimestre et la grande naïveté des Québécois qui comprennent bien peu à l'économie, a gonflé les bénéfices à des niveaux sans précédent », aurais du déclarer M. Evans.